MALADES DU CANCER – Thiané NDIAYE – Témoignage
- 25 oct. 2021
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 21 févr. 2022

Où allons-nous ? Au Sénégal
À quelle époque ? Contemporaine
Venez, je vous raconte de quoi il est question :
Cette chronique sera quelque peu différente des autres dans le sens où cet ouvrage est un témoignage personnel jumelé à une étude journalistique. Ceci est dû au fait que l’auteure est journaliste de formation et professeure de philosophie de profession.
Publié il y a un an et demi, ce livre relate l’expérience douloureuse et souvent solitaire de Thiané Ndiaye face à au cancer.
« 29 novembre 2014 ! Cette date restera à jamais gravée dans ma mémoire ! Et pour cause, c’est dans la matinée de cette fatidique journée que j’ai appris que je souffrais d’un cancer du sein. » (P.15)
Après avoir ressenti les premiers symptômes de la maladie, Thiané Ndiaye devra patienter deux ans avant de pouvoir effectuer sa première mammographie. Il lui fallait débourser 40.000 FCFA (soit 61 euros pour effectuer l’examen de base). Elle ne les avait pas.
« J’étais à mille lieues d’imaginer combien il pouvait être difficile de trouver un emploi dans notre pays. Je dois dire que j’ai quitté l’université avec un DEA […] en philosophie. J’avais suivi une formation de deux ans en communication, ensuite une formation d’une année au Cesti […]. J’avais, à mon actif, neuf années d’exercice dans la presse écrite. Malgré tout, je venais de boucler huit mois de chômage. » (P.18)
S’en suivent de nombreux obstacles qui viennent se greffer à la maladie : les allers-retours entre la capitale pour les soins et sa ville de résidence dans laquelle elle enseigne (Gossas, à 209 km de Dakar), le rectorat qui refuse son détachement sur Dakar malgré ses nombreuses attestations médicales, les négligences dans les soins qui lui sont prodigués après son ablation à l’hôpital militaire de Ouakam, les heures d’attente pour récupérer ses bilans médicaux pour pouvoir procéder à la prochaine séance de chimiothérapie, une communication dénuée de toute humanité de la part de certains soignants qui ne sont pas formés pour prendre en charge des malades qui sont entre la vie et la mort.
« « On ne nous dit rien. On ne sait même pas comment la maladie évolue. Si tu cherches à t’informer, on te rabroue, on te crie dessus. Finalement, on a même peur de poser des questions aux médecins par rapport à notre état de santé » regrette une femme d’une quarantaine d’années, venue de Mbacké, situé à 180 km de Dakar. » (P.28)
Sans oublier un handicap de taille : l’argent nécessaire pour se soigner durant plusieurs années !
« Avant tout traitement, le malade doit faire un bilan médical qui va des analyses de sang (pour près de 29.000 FCFA), en passant par l’électrocardiogramme (7.500 FCFA), le scanner (80.000 francs à 100.000 francs, compte non tenu du produit que le praticien utilise et qui vaut un peu plus de 20.000 francs), etc. […] À toutes ces dépenses, il faut ajouter celles liées au transport. » (P.41)
Heureusement, pour les plus chanceux, il existe des associations, dont la plus ancienne (créée depuis 1985), la LISCA (la Ligue sénégalaise de Lutte Contre le Cancer).
« Cette dernière, en effet, s’investit grandement dans la prise en charge des malades du cancer. Des centaines de Sénégalais ont pu vaincre le cancer grâce à elle. Moi-même, j’ai eu à bénéficier de leur soutien. Après avoir épuisé le prêt que j’avais contracté auprès d’une banque de la place pour assurer mon traitement qui était estimé à plus de deux millions de francs CFA, le protocole thérapeutique qu’on m’avait prescrit s’était révélé inefficace. » (P.64)

Par ailleurs, l’auteure, qui partage son intime combat pour survivre dans cet ouvrage, pose le regard suivant sur la société sénégalaise contemporaine : « Le cancer est une maladie catégorisée ruineuse, par excellence, mais aussi mortelle. En effet, comme j’ai eu à le souligner, les malades du cancer sont, généralement, considérés comme des condamnés à mort. Ce qui fait que les membres de l’entourage du malade ne sont souvent pas dans les dispositions d’investir certaines sommes d’argent dans la prise en charge médicale du malade. » (P.146)
Pourquoi acheter ce livre ? Pour comprendre le parcours du combattant que doivent livrer les malades du cancer. Pour soutenir l’auteure. Pour savoir que face à la maladie, on n’est pas seul.e.
Bravo à Thiané Ndiaye pour le courage et la force qu’elle a su puiser en elle pour traverser cette difficile épreuve de vie, mais aussi merci pour ce témoignage !
152 pages / Avril 2020 / Les Éditions de L’Harmattan Sénégal
Disponible sur Amazon en version papier et numérique
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